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Solomon Hykes

Cofondateur de Docker, CEO de Dagger. Auteur de « The Great CI Bottleneck of 2026 » (15 septembre 2026) : les agents de code saturent la CI.

SFEIR AI · Publié le 16 septembre 2026

Parcours

Solomon Hykes est le cofondateur de Docker, où il a lancé le conteneur qui porte le nom de l'entreprise. Il quitte Docker en 2018, cinq ans après ce lancement. Il retrouve Andrea Luzzardi et Sam Alba, avec qui il a travaillé près de dix ans, et les trois démarrent Dagger en 2019, un projet qu'il décrira comme un bricolage des confinements devenu startup. Le 30 mars 2022, Dagger 0.2 sort publiquement avec une série A de 20 millions de dollars menée par Redpoint Ventures. Hykes en est le directeur général.

Il tient depuis des années le même discours sur l'intégration continue, en podcast (The Kubelist Podcast en juin 2023, Open Source Ready) comme en conférence (TFiR, Civo Navigate, CNCF) : les pipelines devraient être du code, exécuté dans des conteneurs, identique sur le poste du développeur et en CI. En janvier 2026, il recentre la documentation de Dagger sur la livraison logicielle et retire le tutoriel « construire un agent », qu'il juge source de confusion.

« The Great CI Bottleneck of 2026 » (15 septembre 2026)

Le 15 septembre 2026, il publie sur LinkedIn et en X Article un texte intitulé « The Great CI Bottleneck of 2026 ». Le constat : les agents de code écrivent et modifient du code plus vite que les plateformes de CI ne le testent ; les files d'attente s'allongent, les équipes achètent des machines plus grosses, et le gain s'érode à chaque nouvel agent mis en production. La cause, selon lui, tient à la nature des jobs : un script shell lancé sur une machine virtuelle, qui ne connaît ni les dépendances entre étapes ni ce qui a changé depuis la dernière exécution, et repart de zéro à chaque commit. Multiplier les commits par dix multiplie le coût d'autant, sans améliorer le signal des tests.

Il classe donc le goulot parmi les problèmes logiciels : la couche qui exécute les pipelines n'a pas évolué au rythme de ce qu'elle exécute. Sa réponse est celle qu'il construit en open source depuis sept ans avec Dagger : des pipelines écrits en code, exécutés dans des conteneurs par un moteur qui connaît le graphe des opérations et ne recalcule que ce qui a changé. Il conclut sur un appel aux « CI nerds », dont 2026 serait l'année, et annonce Dagger 1.0, première version stable après quatre ans et demi de versions 0.x. Aux spécialistes de Bazel et de Nix qui lui répondent que ces outils règlent déjà le problème, il objecte qu'ils ne se généralisent pas à toute la CI et finissent enveloppés dans des scripts shell.

Le texte paraît moins de 24 heures après un billet d'ingénierie d'Anthropic daté du 14 septembre 2026, signé Sachin Malhotra : jobs de CI multipliés par 25 en six mois, volume de tests par dix, et un service maison d'analyse d'impact des tests rafistolé trois fois avant d'être refondu. Malhotra a répondu sous le post de Hykes qu'il partage son analyse d'un problème logiciel, accéléré par le code que produisent les agents.

Ce que les articles SFEIR en retiennent

L'analyse publiée sur ce site lit le texte comme un manifeste et un teaser. Hykes dispose pour la première fois de chiffres tiers qui décrivent l'implosion qu'il prédit : ceux d'Anthropic, ceux de CircleCI relayés par O'Reilly Radar le 16 juillet 2026 (taux de succès des builds à 70,8 %, son plus bas niveau en cinq ans), ceux de DevOps.com le 9 septembre 2026 (13 % d'adoption de l'IA en CI/CD). Et le texte prépare un lancement produit, Cloud Checks et Dagger 1.0, la page d'accueil de dagger.io titrant désormais « Faster machines won't fix your CI ».

L'article propose quatre mesures pour tester le diagnostic sur ses propres pipelines : le rapport entre le temps de génération d'une fonctionnalité par un agent et la durée du pipeline, le taux de succès des builds sur six mois, la part des minutes de CI passées à recompiler du code inchangé, et le coût de CI par pull request fusionnée avant et après l'arrivée des agents. L'article compagnon détaille l'outil et rappelle la cible que Hykes fixe lui-même : une équipe qui livre depuis un moment et dont l'outillage occupe déjà un poste, pas une équipe de trois personnes qui ne touche plus à sa CI.

Questions fréquentes

Qui est Solomon Hykes ?

Le cofondateur de Docker, qu'il quitte en 2018, et le cofondateur et directeur général de Dagger, un moteur open source de pipelines de CI écrits en code, démarré en 2019 avec Andrea Luzzardi et Sam Alba et lancé publiquement le 30 mars 2022.

Que dit « The Great CI Bottleneck of 2026 » ?

Publié le 15 septembre 2026 sur LinkedIn et sur X, le texte constate que les agents de code produisent des pull requests plus vite que les plateformes de CI ne les testent. Hykes y voit un problème logiciel : un job de CI reste un script shell qui repart de zéro à chaque commit. Il propose des pipelines en code exécutés par un moteur qui connaît le graphe des opérations, et annonce Dagger 1.0.

Pourquoi, selon Hykes, des machines plus rapides ne suffisent-elles pas ?

Une machine plus rapide réduit la durée de chaque job, pas le nombre de jobs qui recalculent des choses inchangées. Quand un agent ouvre 25 fois plus de pull requests, une CI qui rebuild tout multiplie sa facture par 25. Ce qui manque, selon lui, tient à trois choses : un cache par opération, la connaissance du graphe entre les étapes, et une exécution identique sur le poste, en CI et dans le sandbox d'un agent.

Sources

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